ART CONCRET

Art concret : Clear Channel


Les rues battent la semelle

Le printemps est d'une horrible douceur

Pendant que nos vies désynchronisées

Se font broyer

Les enfants des barbares sortent des écoles de commerce 

Avec déjà du sang sur les mains

Un tel aveuglement

le pouvoir d'éradiquer

la liberté

De respirer

 


Il n'y a qu'un présent immobile



Je suis dans un de ces jours où je n'ai jamais eu d'avenir. Il n'y a qu'un présent immobile, encerclé d'un mur d'angoisse. La rive d'en face du fleuve n'est jamais, puisqu'elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci ; c'est là toute la raison de mes souffrances. Il est des bateaux qui aborderont à bien des ports, mais aucun n'abordera à celui où la vie cesse de faire souffrir, et il n'est pas de quai où l'on puisse oublier. Tout cela s'est passé voici bien longtemps, mais ma tristesse est plus ancienne encore.
Fernando Pessoa
Lettre à Màrio de Sà-Carneiro, 14 mars 1916.

La parole qui me parle



« Notre parole est habitée par la parole des autres, il n'y a pas à chercher à les mesurer l'une à l'autre, mais voulant savoir comment elle se parle en nous, à s'interroger sur la façon dont toute parole émise est une allusion à une parole cachée. Non point à un secret, nous n'en possédons pas, que que tous nos gestes ne proclament, mais, à un improbable que le détour par l'autre transforme en possible. »
Jean Roudaut, Un mardi rue de Rome, Notes sur un livre en paroles.